Enfance

Je suis né le 31 mai 1961 à Boulogne-Billancourt (92). Quelques secondes après ma naissance, mon placement dans une couveuse trop riche en oxygène a provoqué une rétinopathie qui m’a définitivement privée de la vue et me fait considérer comme aveugle de naissance, à l’instar de Gilbert Montagné, de dix ans mon ainé, mais également de Stevie Wonder… et me faisant ainsi accéder très tôt à une sorte de club très fermé !

Famille Rykiel en 1963 (photo Rykiel)

Sonia, Sam, Jean-Philippe et Nathalie Rykiel (photo Rykiel, 1963)


Ma famille.

Jean-Philippe enfant en 1969 (photo Rykiel)

Jean-Philippe Rykiel enfant (photo Rykiel, DR)

Je suis le deuxième enfant d’une famille assez aisée. Mon père était commerçant et tenait un magasin de vêtements dans le XIVe arrondissement qui s’appelait « Laura ». Ma mère, enceinte, s’était lancée dans la conception de tricots « parce qu’elle ne trouvait rien à se mettre » selon ses propres termes, et ses créations s’étaient mises à faire le tour du monde, à partir de la boutique de mon père et d’une apparition sur une couverture du magazine Elle remarquée par Audrey Hepburn, puis au sein de la toute petite boutique qu’elle avait acheté en 1968 au 6 rue de Grenelle, dans le quartier Latin, et qui a été le début de la griffe Sonia Rykiel.

J’ai eu une enfance heureuse et hyper-protégée dans le cadre d’une solide tradition familiale amplifiée par ma condition d’aveugle, et même avec une sorte d’hyper-attention, principalement de la part de mon père, qui n’a pas été sans conséquences ensuite, en bien comme en mal, on va le voir (mais qui était surtout le résultat de beaucoup d’affection et d’attention à mon égard).