L’Afrique et moi

Marché de Ouando, Bénin (cc Babylas)

Marché de Ouando, Bénin (cc Babylas)

 

Mon attachement au continent africain est un mystère. Rien ne m’y prédisposait. Lorsque mon père écoutait des musiques extra-européennes qu’il me faisait partager, c’était plutôt vers l’Inde qu’il se tournait.

Le premier souvenir que j’en ai est diffus. Des chansons entendues à la radio, des voix différentes, fortes et chaudes, perçues en passant dans les rues de Paris : d’où venaient-elles ? Quelqu’un voulant m’aider dans le métro et que j’ai repoussé injustement par fierté d’arriver à me débrouiller tout seul…

Et puis s’est produite la rencontre avec une bande de musiciens dont faisait partie Agyemang, et qui a changé le cours de ma vie.

En fait, j’ai découvert en Afrique des choses qui me manquaient chez moi. Ne serait-ce que le rire, la manière dont les gens rient en Afrique. Ils ont un rire particulier que j’appelle le rire de joie, qui n’existe plus chez nous. Ici, le rire est provoqué soit par une « bonne blague », soit aux dépens de quelqu’un… mais le rire de joie, c’est-à-dire le rire qui s’exprime quand on est heureux de retrouver quelqu’un… et qui constitue le premier signe de ce bonheur, je ne l’ai trouvé que là-bas.

Ce n’est qu’un exemple, mais il y a une chaleur, quelque chose dans les rapports entre les gens qui est moins calculé, plus spontané, qui me plait particulièrement et qui s’exprime dans la musique aussi parce que la musique est le reflet de l’être d’une personne, de son état mental et physique, les deux sont intimement liés pour moi.